Accueil arrow Briller dans le monde ! arrow Épisode 33: MARUSYO SANGYO Co., Ltd.

Briller dans le monde ! PME Japonaises

La plupart des entreprises japonaises sont des PME: Grâce aux pièces qu'elles fournissent, ce sont des PME japonaises qui ont contribué au prestige de la haute qualité des produits du Japon.
Voici l'interview des présidents de PME japonaises qui sont à la base de cette qualité. Nous vous livrons ici leur philosophie originale et leurs défis vis à vis de l'innovation technologique.

Épisode 33: MARUSYO SANGYO Co., Ltd.
« Ajout de fonctionnalités évoluées aux produits textiles traditionnels et mise au point de solutions aqueuses photocatalytiques novatrices»



Kazuhiro Kokubo,
Président
MARUSYO SANGYO Co., Ltd.

La ville de Sano (préfecture de Tochigi) située à l’extrémité nord de la plaine du Kanto est célèbre depuis très longtemps pour la prospérité de ses industries séricicoles et textiles. Le déclin considérable de l’industrie du textile au cours des dernières années a toutefois inévitablement contraint de nombreux entrepreneurs à cesser leurs activités ou à les modifier.

Après avoir connu bien des vicissitudes depuis sa fondation en 1923, MARUSYO SANGYO Co., Ltd. attire aujourd’hui l’attention, non seulement pour ses produits textiles spéciaux — qui sont le fruit d’une technologie de torsadage mise au point au fil de longues années —, mais également pour le développement de produits chimiques tels que des solutions aqueuses photocatalytiques et des peintures antimoisissure.


Hériter d’une entreprise déficitaire

« Après l’obtention d’un diplôme en génie textile à l’université locale, j’ai travaillé chez un fabricant de vêtements à Osaka. J’avais 30 ans lorsque mon père, deuxième président de l’entreprise familiale, m’a demandé de lui venir en aide. Acquiesçant à sa demande, j’ai constaté que l’entreprise accusait déficit sur déficit », nous confie Monsieur Kazuhiro Kokubo, troisième président de l’entreprise, en se remémorant l’année 1993 avec un sourire amer.

S’il songeait, à cette époque, à se lancer dans les affaires, l’idée de prendre la relève de l’entreprise familiale ne lui avait presque jamais effleuré l’esprit.

« Après avoir d’abord réfléchi à la façon de générer des profits, j’ai modifié la nature de nos activités tout en exploitant pleinement notre technologie de torsadage, et j’ai changé de clientèle. Étant donné que la fabrication des pièces réalisée jusque-là par l’entreprise était par nature une activité limitée (le client fournissant le matériau de base), je me suis tourné vers la fabrication d’un type de fil que les concurrents ne pourraient pas imiter facilement, autrement dit un fil spécial aux fonctionnalités évoluées. »

Comme les machines traditionnelles permettaient seulement de fabriquer des fils ordinaires, M. Kokubo s’attela au développement d’un nouveau dispositif de fabrication, développement pour lequel il mit pleinement à profit l’expérience acquise à l’université. « Il a fallu deux ans pour assainir les finances de l’entreprise en annulant son déficit. Nous avons mis au point de nombreux produits textiles spéciaux tels que des textiles résistants à la chaleur et des textiles thermiques, et tout récemment, un fil qui résiste même à la lame d’un couteau » explique le président de l’entreprise, le prototype à la main.

Au toucher, ce fil est d’une légèreté et d’une souplesse surprenantes. Au contact de la peau, il a la douceur d’un t-shirt. M. Kokubo me tend un couteau à lame rétractable, que je fais glisser légèrement sur l’étoffe. Il n’y laisse aucune trace. Je passe ensuite la lame en lui appliquant une forte pression, mais elle ne laisse qu’une mince trace sur l’étoffe, qui s’en sort parfaitement intacte.

« Nous n’en sommes qu’à l’étape du prototype, mais des demandes d’information nous parviennent déjà de la Chine et d’autres pays », précise M. Kokubo avec un sourire qui lui fait plisser les yeux.

Suite à la mise au point de textiles spéciaux, l’entreprise s’est tournée vers la fabrication et la vente de vêtements. Elle fournit non seulement de grands fabricants de vêtements japonais, mais elle étend également son marché au monde entier. Elle compte même, parmi ses clients, des marques haut de gamme qui exposent leurs vêtements à la Semaine de la mode à Paris.


L’usine et le siège social de MARUSYO SANGYO Co., Ltd.


Le photocatalyseur M-clean est utilisé non seulement pour les produits textiles, mais également pour une grande variété d’autres applications qui comprennent aussi bien les chaussettes que les fusées.


Exemples d’utilisation sur les produits textiles

Une solution aqueuse photocatalytique dont la palette des utilisations connaît une expansion considérable

L’entreprise se concentre actuellement sur sa Division du développement, établie en 2002. « Les produits textiles sont étroitement liés au secteur de la chimie. Le savoir-faire accumulé notamment dans la fabrication de fils torsadés et de textiles spéciaux nous a permis de mettre au point une grande variété de produits chimiques », explique M. Kokubo. Parmi ces produits, la solution aqueuse photocatalytique M-Clean retient tout particulièrement l’attention.

« Nous avons tout d’abord procédé par essais et tâtonnements en vue de développer un produit antitache qui désinfecte et protège les vêtements difficiles à laver, tels que les robes de mariée et les kimonos. Lors de nos essais initiaux, il est même arrivé que le mur sur lequel nous appliquions la solution se décompose complètement. La difficulté consistait à obtenir un produit efficace dont l’effet porte uniquement sur la surface de l’objet traité. Il nous a fallu dix ans pour arriver à créer ce produit. »

Un catalyseur est une substance qui, sans subir de transformation elle-même, favorise une réaction chimique sur une autre substance. Pour leur part, les solutions aqueuses photocatalytiques permettent, au contact de sources de lumière comme celle du soleil, d’éliminer les corps organiques (moisissures, germes, etc.) qui adhérent à la surface d’un corps en les décomposant en eau et en dioxyde de carbone. Par ailleurs, le composé principal de cette solution, le dioxyde de titane, est un élément sans danger dont l’utilisation est reconnue depuis longtemps comme additif alimentaire, ainsi que pour la fabrication de produits tels que les rouges à lèvres et les crèmes solaires. Il y a donc de nombreux produits sur le marché pour la protection des murs extérieurs contre les moisissures, les taches et les germes.

Par contre, pour être efficaces presque toutes les solutions aqueuses photocatalytiques nécessitent une forte dose de rayons ultra-violets, tandis que le produit M-Clean, lui, déploie une puissance suffisante pour effectuer son travail non seulement sous les rayons du soleil, mais sous toute lumière visible, telle que celle des lampes fluorescentes. Il se prête donc à des applications beaucoup plus variées, puisqu’on peut l’utiliser également à l’intérieur et à l’ombre.

À l’extérieur, appliqué sur les murs et fenêtres, il décompose les saletés tout en rendant possible le nettoyage naturel des surfaces sous l’effet de la pluie. Grâce à ses effets de protection contre les moisissures et les taches, il permet aussi de réduire considérablement les frais de maintenance des garde-fous, panneaux de signalisation routière et panneaux d’affichage. À l’intérieur, non seulement sert-il à protéger tapis, murs et plafonds des bureaux et magasins contre les taches et moisissures, mais il se prête également à une très vaste palette d’autres utilisations : élimination des mauvaises odeurs (tabac, etc.), prévention de la contagion et élimination des mauvaises odeurs par application sur les draps et couvertures dans les établissements tels que les hôpitaux et les centres de soins ou les maisons de retraite ; à ces utilisations s’ajoute également la protection contre le syndrome du bâtiment malsain, par la décomposition des produits chimiques volatiles que génèrent les matériaux de construction. M-clean a déjà fait ses preuves, notamment sur les murs de l’édifice du bureau préfectoral de Tochigi, sur les surfaces intérieures et extérieures des voitures de train dans le Métro de Yokohama, et sur la surface de la Fusée H-II de la JAXA (Agence d’exploration aérospatiale japonaise).

Une stratégie originale de non-recours au brevetage

Ce qui soutient le plein essor de l’entreprise, ce sont ses compétences technologiques et sa capacité de développement élevées qui laissent les concurrents loin derrière. Par contre, sa façon de mener les affaires a ceci de particulier que l’entreprise ne fait pas breveter ses innovations technologiques. M. Kokubo nous explique ainsi le pourquoi de cette pratique.

« Nous avons déjà déposé une demande de brevet par le passé, mais comme nous dévoilions du même coup les composants et la méthode de fabrication du produit, la concurrence a aussitôt développé un produit similaire. Nous sommes donc arrivés à la conclusion que nous devions protéger nous-mêmes notre technologie. Et pour cela, nous procédons à un contrôle rigoureux de l’information. On nous accuse parfois de ne pas être assez ouverts ou de protéger jalousement nos secrets, mais pour une PME c’est là l’unique façon de protéger sa technologie. Par ailleurs, il arrive souvent que nous mettions au point un excellent produit, mais qu’il soit ignoré au Japon faute de réalisations majeures antérieures, tandis qu’à l’étranger il suffit que le produit soit de bonne qualité pour que les négociations commerciales se mettent en branle. C’est aussi pour cette raison que nous participons activement à des expositions à l’étranger. Nos initiatives dans ce domaine peuvent sûrement servir d’exemple à d’autres PME qui possèdent elles aussi des compétences technologiques élevées. »

Bien que les produits textiles représentent actuellement 90 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, contre 10 % pour les produits chimiques, M. Kokubo nous fait part de son entrain à l’idée de devenir un jour le leader dans le secteur des textiles spéciaux : « Dans toute la mesure du possible, nous nous concentrons principalement sur le développement de textiles aux fonctionnalités plus évoluées. On utilise déjà les textiles sur le fuselage des avions et sur la carrosserie des voitures ; dans un futur proche, les textiles remplaceront les métaux. »

L’entreprise suit aussi sa propre voie en matière d’initiatives environnementales. Tous les produits qu’elle vend s’accompagnent de crédits compensatoires de carbone. Suivant le volume des ventes, ces crédits, établis à cinq yens pour chaque 200 grammes de fil et chaque 100 millilitres de produit chimique, sont investis dans des projets d’énergie renouvelable tels que l’aménagement d’éoliennes en Inde pour y réduire les émissions de dioxyde de carbone, ce qui compense les émissions de l’entreprise elle-même.


Exemples d’applications sur les fusées, voitures de métro et bâtiments



MARUSYO SANGYO Co., Ltd. :
Fabrication et vente de fils et laines torsadés, de laines torsadées pour design et de fils spéciaux ; conception, fabrication et vente de tissus et tricots ; recherche et développement en nouveaux matériaux, produits chimiques et solutions aqueuses photocatalytiques

171 Tajimacho, Sano-shi, Tochigi 327-0031
Tél. : +81-283-22-1901
Fax. : +81-283-22-7520
Capital : 10 millions de yens
Nombre d’employés : 17
Fondation : 1923
Établissement : 1983
http://www.marusyosangyo.jp/index_e.html



(Extrait du numéro de Avril de J2TOP :
"Petites et moyennes entreprises au Japon,fiers aux yeux du monde entier !" Publié par Jiji Press Co.)
Responsable de la traduction/JST



Épisode 54Intelligent Sensor Technology, Inc.

Épisode 53:Kikuchi Seisakusho Co., Ltd.

Épisode 52:Soundpower corporation

Épisode 51:S .A. Altima

Épisode 50:YP System Co., Ltd.

Épisode 49:Tokyo Titanium, Co., Ltd.

Épisode 48:Monobe Engineering Co., Ltd.

Épisode 47:Yoneyama Seisakusho Co., Ltd.

Épisode 46:Nihon Dento Kougyo Co., Ltd.

Épisode 45:Tokyo Ubaguruma, Co., Ltd.

>> Plus