Briller dans le monde ! PME Japonaises
|
La plupart des entreprises japonaises sont des PME: Grâce aux pièces qu'elles fournissent, ce sont des PME japonaises qui ont contribué au prestige de la haute qualité des produits du Japon.
Voici l'interview des présidents de PME japonaises qui sont à la base de cette qualité. Nous vous livrons ici leur philosophie originale et leurs défis vis à vis de l'innovation technologique.
|
Épisode 32: Niikura Scales Co., Ltd.
« La commercialisation d’un produit original, le « Kasapon », qui insère en un tour de main les parapluies mouillés dans un sac »

Motonari Niikura,
conseiller administrateur
Niikura Scales Co., Ltd.
|
Le Kasapon est un dispositif pratique qui permet, en un instant, d’envelopper un parapluie mouillé d’un sac de polyéthylène simplement en l’insérant puis en le retirant du dispositif. Nombreux sont sans doute les gens qui, sans en connaître le nom, l’ont déjà utilisé par exemple dans l’entrée d’un magasin par un jour de pluie.
Contrairement au porte-parapluies, avec le Kasapon on ne risque pas d’oublier son parapluie dans le magasin, de se tromper de parapluie ou de se le faire voler. Le Kasapon présente aussi des avantages pour le magasin, car il prévient les dommages occasionnés aux produits du magasin par les parapluies mouillés des clients, protège les sols contre les taches et évite les risques de chute sur les sols mouillés.
Ce produit est mis en vente par la compagnie Niikura Scales, située dans l’arrondissement de Chiyoda à Tokyo. Cette société de commerce spécialisée dans la vente de balances, comme son nom l’indique, a une longue histoire derrière elle.
|
|
Une société de commerce qui vend des balances
Cette société, tout en continuant aujourd’hui de vendre principalement des balances, déploie beaucoup d’énergie depuis quelques années à la mise au point de produits originaux, à commencer par les appareils de santé.
Nous avons demandé à monsieur Motonari Niikura, ex-président et actuel conseiller administrateur de la société, de nous raconter d’abord comment a vu le jour ce succès de vente que constitue le Kasapon, puis de nous présenter les initiatives ultérieures de la société.
« Mon père, fondateur de la société, a quitté l’usine de munitions où il travaillait pour se lancer dans la vente de balances quand la guerre a pris fin en 1945. Cela lui a procuré un revenu stable pendant une vingtaine d’années environ par la suite. »
À cette époque, le système de délivrance des permis de fabrication et vente des balances, beaucoup plus sévère qu’aujourd’hui, imposait de nombreuses restrictions aux entrepreneurs. En contrepartie, l’accès difficile à cette activité permettait aux entrepreneurs autorisés d’y faire de bonnes affaires.
« Avec le développement de la vente au détail, notamment dans les supermarchés, le système de délivrance des permis concernant les balances s’est graduellement assoupli, de sorte que finalement n’importe qui a pu se consacrer à ce commerce. »
La concurrence est devenue de plus en plus forte en raison de facteurs tels que l’arrivée de nouveaux entrepreneurs et la montée en force des produits à bas prix, tant et si bien qu’aujourd’hui on vend même des balances dans les boutiques à 100 yens (NDT : magasins à prix unique au Japon).
En dépit du recul accusé par la société Niikura dans la vente de balances pour le grand public, elle jouit toujours d’une très bonne réputation dans le domaine des produits de grande précision utilisés par les industriels.
« Comme une grande balance ne peut pas faire le travail d’une petite, et vice-versa, il existe forcément une large palette de balances, produites en petites quantités. »
La production de masse étant impossible, cela requiert du temps et un savoir-faire particulier. Notre catalogue de balances, qui comprend au moins 3,000 articles, a l’épaisseur d’un annuaire téléphonique.
|
Peinture de l’immeuble de la société en 1971
Modèle actuel du principal produit Kasapon
|

Le produit de première génération, équipé d’une pédale |
L’invention d’un pressier attire son attention
Il faut néanmoins reconnaître que le secteur des balances, à lui seul, a ses limites. Tout en conservant les balances comme l’un des piliers principaux de ses activités, Niikura a donc porté son attention vers d’autres appareils et articles divers, ce qui l’a finalement amené à la découverte du Kasapon.
Cette découverte a pour point de départ l’idée d’un artisan d’atelier de pressage, dans la préfecture de Kanagawa, qui cherchait un moyen de créer un appareil capable d’écarter l’ouverture d’un sac en polyéthylène fermée par de l’électricité statique, pour y insérer la pointe d’un parapluie. Cet artisan à l’esprit inventif, en accumulant les expériences, conçut finalement un prototype.
L’intérêt de ce prototype n’a pas échappé à l'œil du président de la société Niikura de l’époque.
« Le monde peut bien changer, jamais la pluie ne cessera de tomber. Et la forme des parapluies, elle aussi, ne risque guère de changer. »
Niikura apporta son soutien à cet atelier de presse dont les ventes stagnaient, d’abord en l’incitant à faire breveter toutes ses idées pour s’en assurer la propriété intellectuelle, puis en se chargeant de la commercialisation.
Le premier produit mis en vente consistait en un mécanisme écartant l’ouverture du sac à parapluie par activation d’une pédale, mais ce produit ne se vendit guère, car son utilisation n’était pas assez intuitive. Par contre, lorsque fut développé en 1996 un nouveau modèle sans pédale et écartant l’ouverture du sac par simple insertion manuelle du parapluie, il attira beaucoup l’attention, car en plus de sa grande commodité il était compact (ce qui permettait de l’installer n’importe où) et fonctionnait sans électricité.
|
Protéger la propriété intellectuelle contre les imitations
Des imitations, près d’une trentaine, commencèrent toutefois à apparaître sur le marché. La société a alors fait une demande d’enquête rapide auprès du Bureau des brevets du Japon, tout en observant attentivement le marché pour empêcher la fabrication et la vente de tout nouveau produit qui violait les droits de propriété intellectuelle.
La méthode de vente fut également modifiée.
« Nous croyions pouvoir vendre nos produits nous-mêmes en faisant de la publicité, mais ça n’a pas bien marché. »
En prenant la forme d’une agence commerciale générale, la société a signé un contrat de vente avec un grand fabricant possédant tout un réseau de détaillants.
Cette initiative a permis d’atteindre 99 % des ventes pour ce type d’appareil sur le marché japonais, et d’en vendre environ 5,000 à l’étranger, principalement en Europe. À propos, en espagnol « casa » signifie maison, et « pon » correspond au verbe « mettre » à la deuxième personne du singulier de l’impératif. Le Kasapon est donc vendu sous le même nom à l’étranger, puisque cela sonne bien.
|
Les divers types de balances, dont les pèse-personnes, constituent l’un des deux piliers de la société avec le Kasapon |

Publicité imprimée sur la quatrième de couverture de l’annuaire téléphonique, en 1946 |
Se différencier de la concurrence également avec les sacs à parapluie
Les brevets ne sont toutefois pas tout puissants. C’est pourquoi la société a aussi adopté de nouvelles idées pour les sacs en polyéthylène pour parapluie vendus avec le Kasapon.
Si vous regardez attentivement l’un de ces sacs, vous constaterez qu’une bande large d’à peu près 5 millimètres traverse son ouverture. Elle s’y trouve pour une raison bien particulière.
Lorsque l’on marche avec un parapluie mouillé inséré dans un sac, l’eau se retrouve au fond du sac et il arrive que celui-ci tombe, entraîné par le poids de l’eau accumulée. La bande qui traverse l’ouverture du sac sert donc d’expédient pour serrer le sac contre le parapluie et l’empêcher de tomber.
En poussant encore plus loin son étude des sacs à parapluie, la société a entre autres choses ajouté des entailles dans la partie supérieure des sacs pour que la ligne perforée se détache facilement.
En 2007, l’obtention supplémentaire d’un brevet pour cette idée appliquée aux sacs à parapluie a permis de différencier le Kasapon des autres produits, aussi bien pour le dispositif lui-même que pour le produit dans son ensemble.
« En exploitant cette technologie pas seulement pour les parapluies, nous souhaitons développer des dispositifs d’insertion de divers types d’objets dans des sacs », nous confie monsieur Niikura, conseiller administrateur de la société. Il ajoute que sa société prévoit aussi de développer des produits utiles dans d’autres domaines, dont un appareil qui alerte les membres de la famille quand il détecte des expectorations coincées dans la gorge d’un malade ou d’une personne âgée.
|
|
Niikura Scales Co., Ltd. :
2-2 Kandatsukasa-machi, Chiyoda-ku, Tokyo 101-0048 (siège social)
Tél. : +81-3-3254-0311
Fax. : +81-3-3254-0317
Capital : 12,5 millions de yens
Employés : 25
Chiffre d’affaires annuel : 2,3 milliards de yens
http://www.niikura-scales.co.jp/
|
(Extrait du numéro de Mars de J2TOP :
"Petites et moyennes entreprises au Japon,fiers aux yeux du monde entier !" Publié par Jiji Press Co.)
Responsable de la traduction/JST
|
|
 |
Épisode 54Intelligent Sensor Technology, Inc. |
 |
Épisode 53:Kikuchi Seisakusho Co., Ltd. |
 |
Épisode 52:Soundpower corporation |
 |
Épisode 51:S .A. Altima |
 |
Épisode 50:YP System Co., Ltd. |
 |
Épisode 49:Tokyo Titanium, Co., Ltd. |
 |
Épisode 48:Monobe Engineering Co., Ltd. |
 |
Épisode 47:Yoneyama Seisakusho Co., Ltd. |
 |
Épisode 46:Nihon Dento Kougyo Co., Ltd. |
 |
Épisode 45:Tokyo Ubaguruma, Co., Ltd. |
>> Plus |
|