Des énergies renouvelables qui attirent l’attention
En conséquence de l'accident nucléaire de la centrale de Fukushima Daiichi qui accompagna le tremblement de terre du Tohoku du 11 mars 2011, le Japon se retrouve en pleine révision de sa politique énergétique. Il est devenu difficile de poursuivre la politique énergétique en cours qui projetait de renouveler et multiplier les installations nucléaires. Le mot-clé du gouvernement, à savoir « sortir de la dépendance au nucléaire », cherche à se concrétiser.
À cette occasion, il est également difficile de dépendre des combustibles fossiles. Depuis le début de ce siècle, le tarissement du pétrole en est venu à prendre son sens réel. Dorénavant, le prix du pétrole va sans aucun doute encore augmenter. Par ailleurs, la quantité de gaz naturel sous sa forme traditionnelle n'est - dit-on - pas plus élevée que celle du pétrole. On pense que le charbon pourra encore être extrait pendant plus de 100 ans. Or, le charbon émet beaucoup plus de dioxyde de carbone ce dernier étant le gaz responsable du réchauffement de la planète, par rapport aux autres combustibles fossiles. Pour sortir de la dépendance au nucléaire, il n'est donc pas possible de remplacer le nucléaire par des combustibles fossiles, même si, à court terme, nous n'avons pas le choix.
C'est pour cette raison que toute l'attention porte sur les énergies renouvelables. Les énergies renouvelables correspondent à un type d'énergie dont le support des ressources est renouvelable grâce à l'énergie issue des corps célestes tels que le soleil, la terre et la lune. Concrètement, la lumière solaire, la force du vent, la force de l'eau, la chaleur terrestre, les biomasses (ressources vivantes) en sont des exemples typiques. En ce qui concerne l'emploi, on peut, soit les transformer l’électricité pour les utiliser, soit les utiliser en tant que chaleur.
Ce que l'on apprend des études sur « les zones énergétiques durables »
La quantité des énergies renouvelables fournies n'est, à l'heure actuelle, pas si conséquente. À l'Institut Kurasaka de l'Université de Chiba, nous poursuivons depuis 2005, des études sur les « zones durables » en collaboration avec une ONG nommée l’ISEP (Institute for Sustainable Energy Policies). Cette étude effectue des estimations dans le pays entier sur la quantité d'énergie renouvelable fournie et sur la demande en énergie régionale pour chaque collectivité locale. La quantité d’énergie régionale demandée désigne la quantité en énergie nécessaire non seulement pour la vie des citoyens mais également pour la production alimentaire. Pour exprimer cela de manière simple, il s'agit de l'énergie nécessaire pour continuer à vivre dans un endroit. Selon les valeurs annoncées dans la dernière version publiée le 17 octobre (fin mars 2010), on apprend que dans le Japon entier, les énergies renouvelables couvrent environ 3,5 % de la quantité en énergie nécessaire en région.
À l'échelle nationale, il n'existe pas de grosses divergences, mais d'un point de vue régional, on trouve des endroits dont le taux potentiel de production d'énergie renouvelable est élevé. Selon ce calcul, on trouvait dans le pays entier en fin mars 2010, 60 villes, bourgs ou villages dont la production d’énergies renouvelables correspondait à 100 % de la demande en énergie régionale (zone énergétique durable à 100 %). À un niveau préfectoral, les énergies renouvelables occupent plus de 10 % de leur demande en énergie régionale dans 8 préfectures : 27,5 % dans la préfecture de Oita, 19,8 % dans la préfecture d'Akita, 18,4 % dans la préfecture de Toyama, 14,7 % dans la préfecture d'Aomori, 13,3 % dans la préfecture de Kagoshima, 12,2 % dans la préfecture de Nagano, 11,9 % dans la préfecture de Shimane, 10,7 % dans la préfecture de Kumamoto.
En comparant à l'année précédente, grâce à l'influence du système de l'achat à coût fixe du surplus en électricité de novembre 2009, la production en énergie solaire entre mars 2009 et mars 2010 a augmenté de 30 % et la production électrique issue d'énergies renouvelables a augmenté de 6 %. Cependant, comme les petites centrales hydrauliques (moins de 10 000 kW) et l'utilisation de la chaleur thermique ont été en légère baisse et que l'utilisation de la chaleur solaire a montré une légère hausse, la quantité globale de l'alimentation électrique issue d'énergies renouvelables au sein du pays ne s'est soldé que d'une augmentation de 3,7 % (en 2008, l'augmentation avait été de 2,3 %). À ce rythme, cela prendra 20 ans pour que la quantité d'énergie produite par les énergies renouvelables double.
Loi pour la mise en place de mesures spéciales en matière d'énergies renouvelables
En août 2011, une Loi pour la mise en place de mesures spéciales afin que les compagnies d’électricité se procurent de l'électricité issue des énergies renouvelables (Loi pour la mise en place de mesures spéciales en matière d'énergies renouvelables) a été adoptée. Cependant, dans cette loi, les objectifs nationaux d'introduction n'ont pas été fixés. Vu l'accident nucléaire de la centrale de Fukushima Daiichi qui s'est produit avec le tremblement de terre du Tohoku, il est nécessaire de fixer des objectifs d'introduction des énergies renouvelables sur un plan national afin que les énergies renouvelables deviennent au plus vite l'énergie principale.
Ainsi, comme je l'expliquai ci-dessus, au rythme actuel d'augmentation de la production d'électricité issue des énergies renouvelables, il nous faudrait 20 ans pour doubler cette production et cela est donc insuffisant pour en faire l'énergie principale. Dans la Loi pour la mise en place de mesures spéciales pour les énergies renouvelables, un système d'achat à prix fixe a été introduit et, d'ici son application en juillet de l'an prochain, le prix d'achat et la période d'achat seront fixes. Afin de promouvoir rapidement l'introduction des énergies renouvelables, il est nécessaire de fixer une période d'achat et un prix d'achat suffisant.
Par ailleurs, dans la Loi pour la mise en place de mesures spéciales pour les énergies renouvelables, on a effectué une obligation envers les réseaux de transmission d'électricité d’être liés aux installations en énergies renouvelables ayant été approuvées. Or, « au moment où nous craignons que les compagnies d’électricité ne soient pas en mesure d'assurer l'électricité avec fluidité, la loi permet aux compagnies d’électricité de refuser cette liaison (Article 5 Point 1 N˚2). Afin d'introduire les énergies renouvelables en grande quantité et d'en faire l'énergie principale, des efforts du côté de la gestion des réseaux de transmission d'électricité sont nécessaires et il n'est pas possible de de continuer à fonctionner comme nous l'avons fait jusqu'à maintenant. En considérant ce point, le gouvernement devrait appliquer de manière ferme l'obligation envers les réseaux de transmission d'électricité d’être liés aux installations produisant des énergies renouvelables afin que les compagnies d'électricités ne refusent pas cette liaison en toute impunité.
Nécessité d'une direction régionale de la politique d'introduction des énergies renouvelables
L'énergie renouvelable à exploiter est différente selon la nature du sol de chaque région. Afin que les choix de l'énergie renouvelable à exploiter dans chaque région soient appropriés, il est nécessaire que les villes, bourgs et villages appliquent de manière indépendante leur politique concernant l'introduction des énergies renouvelables.
La Loi pour la mise en place de mesures spéciales pour les énergies renouvelables ne vise qu'à promouvoir l'électricité bien qu’il existe deux énergies renouvelables disponibles : l'électricité et la chaleur. D'après l'étude sur les zones durables citée précédemment, l'utilisation de la chaleur issue des énergies renouvelables correspond à 20 % de la production d'énergies renouvelables au Japon. Je pense que le potentiel que renferme la chaleur en tant qu’énergie est également important. En particulier, il est nécessaire de promouvoir l'utilisation de la chaleur issue des énergies renouvelables dans les régions. L'électricité peut être gérée sur une vaste étendue à l'aide d'un réseau de transmission d'électricité alors que la chaleur nécessite une proximité géographique.
Par conséquent, des politiques régionales pour promouvoir l'introduction de la chaleur issue des énergies renouvelables telles que l'obligation envers les architectes de construire en accordant une proportion définie de la demande en énergie aux énergie renouvelables telles que la lumière solaire, la chaleur solaire, la chaleur thermique et la chaleur des biomasses ou la promotion des études pour la construction de conduites chauffées grâce à des énergies renouvelables dans leurs projets d'aménagement urbains sont nécessaires.
Pour lancer une politique énergétique régionale
Jusqu'à présent, au Japon, il était largement reconnu que la politique énergétique se faisait au niveau national. C'est pour cette raison que les collectivités locales de bases disposent à l’heure actuelle d'insuffisants savoir-faire et ressources pour effectuer la politique énergétique.
Pour compenser l'insuffisance de savoir-faire des municipalités, il serait utile de mettre en place des bureaux régionaux pour l'énergie dans chaque préfecture en tant que structure gérée partiellement par une ONG qui rassembleraient toutes sortes d'informations telles que des informations sur les compagnies d’électricité, des informations techniques et des informations de soutien. Le gouvernement doit créer des subventions régionales pour adopter une politique sur les énergies renouvelables afin que des employés municipaux puissent travailler dans les bureaux régionaux pour l'énergie et acquérir un savoir-faire. Le budget des comptes spéciaux pour l'énergie prévu pour les terres sensées accueillir de nouvelles centrales nucléaires devrait amplement suffire pour subvenir à l'emploi d'au moins un expert par collectivité locale de base.
Par ailleurs, il faut réfléchir à une structure ou le gouvernement mettent en place des subventions avec remboursement du capital et des intérêts afin que les fonds régionaux puissent y participer et promouvoir l'introduction des énergies renouvelables et que les collectivités locales de base puissent émettre des obligations municipales relatives aux énergies renouvelables.
De plus, il est nécessaire d'exploiter les énergies renouvelables en tant que source d'énergie communautaire en temps de crise afin d'augmenter la valeur des énergies renouvelables en région. Or, pendant les désastres du tremblement de terre dernier, bien que les centrales d'électricité thermique ou éolienne étaient en marche, l'électricité n'a pas pu être utilisée et l'électricité a été coupée même sur les zones énergétiques durables. Il est nécessaire de considérer les énergies renouvelables comme une « source d'énergie communautaire » et de mettre en place un nouveau système permettant d'utiliser en région, même en temps de crise, l'électricité produite localement.
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