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Opinions

Katsunori IHA

« Des villes amies des enfants ! »

Isami KINOSHITA
Professeur au Centre de recherche en horticulture de l'Université de Chiba, Président du Sous-comité qui propose des mesures politiques pour la réunion sur l'environnement éducatif des enfants du Conseil des Sciences du Japon (SCJ)

2011.11



Nos enfants sont-ils heureux ?

« Le bonheur des enfants atteste de la bonne santé de la société et de la politique d’un pays » : voilà le slogan que clame le Fonds des Nations unies pour l'Enfance (Unicef) dans le cadre des « villes amies des enfants ». Alors, les enfants japonais sont-ils heureux ?

Dans un interview publié dans le portail des sciences ci-présent, Takeshi IGARASHI présente une enquête sur le degré de bonheur des enfants des pays membres de l'Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) publiée par l'Unicef en 2007 (voir « Les enfants isolés » Japonais, 16 mars 2009). Comme il manque un certain nombre d'indices pour le Japon, il n'est pas possible de représenter le degré de bonheur de manière générale, mais il est inquiétant d'observer certaines tendances retenant l'attention telles que le sentiment d'isolement qui est extrêmement fort. Ainsi, comme dans une enquête similaire il s'avère que les enfants japonais n'ont pas d'espoir envers l'avenir et qu'ils ont une faible affirmation de soi, on peut se demander s'il n'y a pas tout simplement beaucoup d'enfants qui ne savent pas s'il sont heureux ou malheureux, ce qui signifierait que la société et la politique ne se porteraient pas bien.

Le premier pilier des « villes amies des enfants » de l’Unicef est « la participation des enfants ». Dans ce cadre, les enfants prennent d'eux-mêmes des initiatives pour créer des villes amies des enfants en cas de problèmes sociaux ou politiques.


Étude interdisciplinaire sur l'environnement éducatif des enfants au Conseil des Sciences du Japon

Au Conseil des Sciences du Japon, nous avons montré grâce à des données, les problèmes de détérioration physique et mentale en publiant le résultat des études du « Comité d'étude de stratégie et mesures politiques pour la création d'un environnement sain pour les enfants » du Comité thématique n˚20 intitulé « Vers l'établissement de stratégies nationales pour la création d'un environnement sain pour les enfants de notre pays » (Japonais, 2007) et nous avons publié les initiatives à prendre pour une stratégie générale de l'environnement éducatif des enfants de notre pays.

En réponse à cela, une « réunion sur l'environnement éducatif des enfants » a été organisée durant le Conseil des Sciences n˚21 en tant que structure interdisciplinaire et les réflexions adoptant des points de vue différents tels que « espace éducatif », « méthode », « temps », « communauté » ont été nombreuses. Jusqu'à présent, les propositions sur les thèmes d’« espace éducatif » et de « méthodes » ont été présentées et l'étude sur le « temps » vient de se terminer. Comme le Conseil des Sciences est composé de 3 parties et que de grands spécialistes dans tous les domaines sont présents, c'est un conseil qui n’a rien à envier à un Conseil Scientifique qui a également pour atout de se dérouler extrêmement fréquemment. Par ailleurs, parmi les activités de notre sous-comité, nous avons entrepris, pour la première fois en tant que Conseil Scientifique, une enquête de suivi des propositions, ce qui amena à la publication de suivis tels que « Vérification et nouvelles propositions des Enjeux et propositions concernant l'espace éducatif (2008) » (Japonais).

Cependant, malgré toutes ces annonces externes, l'intérêt du gouvernement ou du peuple reste faible. Même en ce qui concerne les résultats du suivi des services liés aux ministères, le taux a été de 10 %. Parmi ces 10 %, il a même été questionné sur le genre d'organisation qu'était le Conseil des Sciences.


Forum académique « Vers la réalisation de villes amies des enfants »

Le 20 septembre, un forum académique intitulé : « Vers la réalisation de villes amies des enfants » a été organisé à l'Auditorium du Conseil des Sciences. Durant la 1ère partie, différents chercheurs ont présenté leurs travaux en se basant sur les études entreprises jusqu'à présent au Conseil des Sciences : « Espace éducatif » (Mitsuru SENDA professeur de l'Université Hoso Daigaku), «Méthodes éducatives » (Nobuko UCHIDA, professeur de l'Université pour femmes d'Ochanomizu ), « Temps éducatif » (Hiroko SASAKI, professeur de l'Université d'éducation de Naruto) et « Catastrophes et les enfants » (Tsutomu YATA, professeur de l'Université de Aichi Sangyo). La 2ème partie s'est déroulée sous forme de colloque. La présidente du Comité sur l'environnement pour les enfants, Kimiko OZAWA a parlé des « activités du comité de soutien au désastre du tremblement de terre du Tohoku » et Takeshi IGARASHI, professeur de l'Université de Tokyo a parlé du « système des soins médicaux pour les enfants » et plusieurs propositions thématiques ont été lancées du côté du Conseil des Sciences.

Ensuite, une personne issue du gouvernement, Akiko FUJIWARA, Conseillère du Directeur général des mesures politiques du cabinet, nous a fait l'honneur de participer et présenté le nouveau système national d'éducation des enfants. Les dépenses sociales concernant les familles par rapport au PIB ont également montré de faibles niveaux même au sein des pays développés. Puis, Ken HAYAMI, le directeur exécutif de l'association de l'Unicef, également invité, a présenté la structure de la Convention des droits de l'enfant de l'Unicef et du programme des « villes amis des enfants ».

Le débat s’est principalement concentré autour de l' « éducation interactive », thème abordé par Nobuko UCHIDA. Il s’agit d’un rapport intéressant qui réfute l'affirmation selon laquelle les disparités économiques reflétaient les disparités scolaires. Pour résumer, en divisant le style d'éducation des parents en 2 groupes : l' « éducation par la force » et l' « éducation interactive » (mode d'éducation selon lequel il ne s'agit pas de forcer l’enfant de manière unilatérale mais de partager avec l’enfant en étant réceptif à ce que ressent et pense l'enfant). Or, on obtient des résultats significativement meilleurs en vocabulaire et en langue japonaise grâce à l'« éducation interactive ». Cela signifie que quelque soit le revenu des parents, dans un foyer pratiquant un mode éducatif interactif, où l'enfant se trouve au centre, l'enfant acquiert des aptitudes à penser de manière indépendante et critique essentielles pour la réussite scolaire. La participation des enfants joue bien sûr un grand rôle.

Puis, la discussion s'est étendue aux enfants sur les terres sinistrées par le tremblement de terre du Tohoku. Comme il a été dit : « la reconstruction prend du temps mais l'enfance n'attends pas » (M. YATA). Or, sur le terrain, la reconstruction de l'environnement des enfants a tendance à passer après l'industrie, l'aménagement du territoire et le bien-être des personnes âgées. N'est-il pas important que les enfants soient les « protagonistes du temps » (SASAKI), que l'on fasse des « enfants et du design » la vision de l’avenir de la reconstruction (OZAWA) et que l'on « défende les intérêts prioritaires des enfants » (protection et soutien) (HAYAMI) ?


La renaissance du Japon grâce à une reconstruction incluant la participation des enfants

À propos de la participation des enfants, il existe encore dans la société des préjugés tels que : « ça ne fait que rendre les enfant impertinent » ou « les enfants nous amènent des réponses irréalistes », etc. Les rassemblements où la participation des enfants est certes présente en guise de décoration, mais qui se déroule dans une atmosphère où les adultes ne font pas confiance aux enfants sont nombreux. Même dans la société, l'atmosphère d' « éducation des enfants par la force » domine, et il se peut que cela ait une influence sur le sentiment de bonheur de chaque enfant.

Durant un rassemblement de 55 enfants (« Sommet des enfants du futur » organisé le 4 septembre), j'ai eu une vision de l’avenir en entendant les enfants se concerter sur la manière d'aider les personnes âgées grâce à du bénévolat ou de s'engager pour rendre la région saine.

Si les enfants, qui sont aussi concernés par la reconstruction, devenaient les protagonistes et parvenaient à surmonter cette situation difficile, une société dans laquelle les enfants se sentent heureux ne serait pas réalisable ? En ce qui concerne la reconstruction, il me semble qu'il faudrait penser plus sérieusement à l'éducation des générations futures en leur permettant ce genre d'actions. Le Premier ministre a dit qu' « il n' y aurait pas de renaissance du Japon sans reconstruction de Fukushima » et pour ma part, je pense qu'il n' y aura pas de renaissance du Japon sans la reconstruction de villes amies des enfants incluant la participation des enfants ».

Anglais / Chinois / Japonais

Profil de Isami KINOSHITA :

En 1978, il est diplômé en architecture de l'Université de Technologie de Tokyo. À la fin de ses études en 3ème cycle dans la même université, il devient Docteur en Technologie en 1984. Chercheur au Centre de recherche sur la vie rurale il grimpe les échelons du département d'horticulture de l'Université de Chiba et devient assistant, professeur adjoint puis professeur (2005). Membre associé au Conseil des Science du Japon. Ses spécialités sont la planification urbaine et l'aménagement rural. Lorsqu'il était jeune, il s’était engagé avec des amis dans des actions telles qu'une « carte de jeux trois générations » et actuellement, ses activités tournent autour de la création de villes avec la participation des enfants et des citoyens, la planification urbaine, la gestion régionale pour le réaménagement durable des villes et la gestion de l'environnement. Parmi ses écrits, on trouve : Waakushoppu Juminshutai no machidukuri he no hohoron, « Atelier- Méthodologie pour la création de villes centrée sur les citoyens » (éditions Gakugei), Asobi to machi no ekoroji, « S'amuser et l'écologie urbaine » (Maruzen), Machi wa-ku (co-auteur, éditions Fudosha), Kodomo・wakamono no sankaku, « Participation des enfants et des jeunes (Co-auteur, Hobunsha), Toshikeikaku no riron, « Théorie sur la planification urbaine » (co-auteur, édition Gakugei), Umibe no kankyogaku « Étude environnementale des bords de mer » (co-auteur Éditions de l'Université de Tokyo), Kodomo ga gakko wo tsukuru « Les enfants réalisent les écoles » (co-auteur, Hobunsha), etc.

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