Global Footprint Network a révélé que le « Jour de dépassement global » ou « Earth Overshoot day », à savoir la quantité en ressources demandée dépasse la quantité que l'écosystème est capable de renouveler, est tombé cette année le 27 septembre. Cela indique que pour les 3 mois restants, nous faisons face à une « dette environnementale ». L'indicateur qui fonde ces affirmations est l'analyse de l'empreinte écologique, un système d’indices qui attire l'attention ces dernières années. J'aimerais présenter un aperçu de l'analyse de l'empreinte écologique et expliquer ce qu'est « le Jour de dépassement global » qui se base sur cette analyse.
L'analyse de l'empreinte écologique
L'analyse de l'empreinte écologique a été développée durant le début des années 90 par William Rees, un professeur de l'Université de la Colombie-Britannique et Mathis Wackernagel qui en fait le sujet de sa thèse de doctorat. Il s'agit d'un système d’indices pour réfléchir sur la durabilité en comparant la demande exigée envers l'écosystème humain (empreinte biologique) et la quantité de ressources renouvelables produits par l'écosystème en 1 année (bio capacité). En exprimant la charge environnementale en surface, la facilité à saisir de manière « visuelle » la limite des ressources et ce que serait une vie quotidienne équivalant à une planète terre unique constitue le point fort de ce système d'indices.

Figure 1 Empreinte écologique
(Source : Global Footprint Network)
Par exemple, les aliments comme le riz, les légumes, la viande et les produits laitiers qui se trouvent quotidiennement sur notre table nécessitent des terres agricoles et des pâturages. De la même manière, des terres forestières sont également nécessaires pour fournir le bois nécessaire à la fabrication de meubles, etc. Ainsi, l'empreinte écologique correspond à la valeur totale de la superficie des terres et des eaux nécessaires pour assurer notre vie quotidienne. Plus cette valeur est élevée, plus la « charge environnementale est élevée ». (Voir figure 1)
D'autre part, la bio capacité désigne la capacité de productivité biologique qui comprend le renouvellement des ressources par l'écosystème et les déchets produits. La figure 2 montre la bio capacité de la terre en pourcentage de la surface de la Terre. Il est étonnant de voir que la surface totale des terres et des eaux possédant une productivité de matière vivante élevée ne s'élève qu'à 22 % alors que les déserts, la calotte glacière, les terres arides et les zones maritimes faibles en productivité biologique occupent les 78 % restants.

Figure 2 Bio capacité
(Source : Rapport sur l'empreinte écologique du Japon en 2009)
L'empreinte écologique et la bio capacité sont converties en hectare global (gha) pour exprimer la surface véritable par un processus de calcul. L'hectare global est défini ainsi : « 1 hectare de surface continentale ou maritime qui a une valeur moyenne mondiale en capacité comprenant la production de ressources et de déchets ». En employant une unité homogène, une analyse comparative des empreintes écologiques et de la bio capacité entre les pays (ou au sien même du pays) est possible.
On parle de « dépassement » lorsque l'empreinte écologique humaine dépasse la bio capacité. Or, d'après les résultats d'études récentes, il s'est avéré que l'empreinte écologique humaine se trouve en état de « dépassement » depuis les années 70. Étonnement, même dans une situation de récession économique mondiale après 2008, si la tendance croissante de la demande en ressources n'évolue pas et continue dans cette lignée, la bio capacité de 2 planètes sera nécessaire avant la deuxième moitié de ce siècle.
Signification du Jour de dépassement global
Global Footprint Network, fondé en 2003 en Californie par le développeur du système, le Docteur Mathis Wackernagel, vise à la mise en place de critères, au développement et à la diffusion d'une méthodologie selon l'analyse de l'empreinte écologique. L'activité centrale consiste au développement d'une base de données de comptes nationaux d'empreinte écologique. Cette année elle publie sous forme chronologique les valeurs estimées des empreintes écologiques et des bio capacités de plus de 200 pays de 1961 à aujourd'hui.

Figure 3 Plan d'action « Ten-in-ten »
(source : Global Footprint Network) (image agrandie)
Depuis 2005, la mise en place de « Ten-in-ten » est une initiative qui annonce l'objectif qui vise à ce que « dans les 10 ans, 10 pays utilisent les indicateurs environnementaux nationaux de l'empreinte écologique pour leurs mesures politiques véritables ». Actuellement, 7 pays tels que la Finlande, le pays de Galles, la Suisse, l'Écosse, les Émirats Arabes Unis, le Japon et l'Équateur emploient ou ont décidé d'employer l'empreinte écologique en tant qu'indice publique. (Voir la Phase III de la Figure 3)

Puis, en 2006, a débuté la « campagne sur le Jour du dépassement global ». Le Jour du dépassement global signifie le « jour où l'empreinte écologique humaine dépasse la bio capacité annuelle grâce à laquelle la planète peut se renouveler ». Alors que « Ten-in-ten » vise à développer les activités en ayant pour cible les gouvernements, cette campagne a pour objectif de faire prendre conscience à un plus grand nombre de personnes le fait que la balance de l'équilibre écologique s'effondre.
Cette année le Jour du dépassement global est tombé sur le 27 septembre. En d'autres termes, nous autres humains, absorbons la bio capacité annuelle de la Terre à se renouveler en à peine 9 mois. Pour donner un exemple, c'est comme si nous avions utilisé tous nos revenus de cette année et que nous allions puiser dans nos économies à la banque pour les 3 mois restants. Le dépassement qui s'accumule d'année en année appelé « dette biologique » n'est pas sans lien avec la destruction des forêts, la diminution des espèces et de la quantité de poissons dans les océans ainsi qu’avec le changement climatique.
Cependant, il existe des gens qui croient fermement qu'il n'est pas possible de sortir du cadre de notre économie traditionnelle mais que ce sont les innovations technologiques et les fonctions d'ajustements des valeurs sur le marché grâce à une économie en expansion qui vont apporter des solutions aux problèmes environnementaux.
Le président de Global Footprint Network Mathis Wackernagel met en garde contre ces théories : « Si nous voulons maintenir une société stable et une vie quotidienne agréable, nous ne devrions pas continuer à augmenter l'écart entre la quantité de ressources que la nature nous offre et la demande nécessité par notre économie, nos infrastructures et notre style de vie. »
Notre planète est unique. Sommes-nous vraiment conscients de cette réalité simple ? Le Jour de dépassement global constitue un défi lancée par « la Terre » traitant de cette question.
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